Alors que la pandémie de COVID-19 s’éternise et que les travailleurs luttent pour survivre face à la crise économique qu’elle a déclenchée, une autre menace colossale plane sur nous : la crise climatique.

Le 9 août dernier, les Nations unies ont publié le sixième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et ont lancé un terrible avertissement : c’est maintenant ou jamais qu’il faut freiner les changements climatiques. Nous sommes tout à fait d’accord : c’est le moment ou jamais de mettre fin à ce système qui détruit l’environnement dont nous dépendons. 

Ce rapport, rédigé par des centaines de scientifiques de renom, affirme que les changements climatiques affectent déjà tous les coins du globe. La vague de chaleur extrême du début de l’été, qui a emporté une ville entière en Colombie-Britannique, et les gigantesques incendies de forêt en Sibérie, qui sont plus importants que ceux de la Grèce, de la Turquie, de l’Italie, des États-Unis et du Canada réunis, en sont des exemples frappants. 

Plus inquiétant encore, le rapport conclut que si nous ne parvenons pas à éviter un réchauffement supérieur à 1,5 C, nous assisterons à des bouleversements économiques et sociaux généralisés. Lors de la Conférence de Paris sur les changements climatiques de 2015, les gouvernements du monde entier se sont engagés à prendre les mesures nécessaires pour maintenir le réchauffement mondial en dessous de 1,5 C pour cette raison. Mais depuis lors, le monde s’est déjà réchauffé de 1,1 C.

Les effets de cet échec sont nombreux et dramatiques. Les pluies diluviennes se multiplient depuis les années 1980 et la fonte des glaces s’accélère, déversant des milliers de milliards de tonnes d’eau dans les océans. Les mers sont asphyxiées par la baisse du taux d’oxygène et deviennent de plus en plus acides. Le niveau des mers a également augmenté de 20 cm, et une nouvelle hausse est déjà inévitable. 

En raison de la combustion de combustibles fossiles et de la destruction des forêts, les niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère sont à leur plus haut niveau depuis au moins 2 millions d’années. 

Bob Kopp, coauteur du rapport du GIEC, explique que plus nous poussons le système climatique, plus il est probable que nous « franchissions des seuils pour lesquels nous ne pouvons pas vraiment faire de prédiction ». Cela signifie que si la crise se poursuit sans relâche, de nombreux autres aspects des changements climatiques pourraient devenir irréversibles. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, qualifie le rapport de « code rouge pour l’humanité ».

Tout cela a déjà causé de réelles souffrances, principalement pour la classe ouvrière qui ne peut se permettre de se cacher des catastrophes climatiques dans des manoirs climatisés. Les vagues de chaleur et les inondations sont devenues plus fréquentes et plus intenses depuis les années 1950. La récente vague de chaleur au Canada a tué 500 personnes en seulement cinq jours, dont la plupart étaient des personnes âgées de la classe ouvrière. Les autres personnes qui ont le plus souffert vivaient dans des quartiers pauvres ou ouvriers aux infrastructures insuffisantes. 

La sécheresse augmente également dans au moins 90 % des régions du monde. En outre, les phénomènes extrêmes liés au niveau de la mer, comme les inondations côtières, devraient être plus fréquents, leur fréquence augmentant d’environ 60 % par an. Dans un passé récent, ces événements ne se produisaient qu’une fois par siècle.

Le professeur Tim Palmer de l’université d’Oxford affirme que « notre climat pourrait bien devenir une sorte d’enfer sur terre ». Le professeur David Ray, du Climate Change Institute de l’université d’Édimbourg, déclare : « Il ne s’agit pas d’un énième rapport sur les changements climatique. C’est l’enfer et le déluge annoncés en lettres de feu. » Alors, qui est à blâmer pour avoir conduit l’humanité au bord de la catastrophe?

La faute au capitalisme!

Le rapport du GIEC est clair : les changements climatiques sont « sans équivoque » le résultat de l’activité humaine. Mais toutes les publications bourgeoises s’en sont emparées pour suggérer que la responsabilité des changements climatiques incombe à tous les individus de manière égale. Ils parlent de « bêtise humaine » ou de « crimes de l’humanité ». 

Mais le fait est que nous vivons sous le capitalisme, ce qui signifie que « l’humanité » est en fait divisée en deux grands camps : les travailleurs et les capitalistes. Seule la classe dirigeante capitaliste est responsable de la crise climatique. Les travailleurs n’ont pas leur mot à dire sur la façon dont les industries sont gérées – c’est aux capitalistes, propriétaires des entreprises, d’en décider. Et seulement 100 de ces entreprises sont responsables de 71% des émissions de gaz à effet de serre. Par conséquent, le rapport du GIEC est un document qui détaille les crimes de la classe dirigeante, et il ne devrait pas être considéré autrement. La classe dirigeante est coupable. 

Nous savons déjà que les solutions individuelles ne suffiront pas à ralentir les changements climatiques, car au plus fort du confinement dû à la COVID-19 en avril 2020, les émissions mondiales n’ont diminué que de 7%. Cela démontre le maximum absolu que nous pouvons atteindre en modifiant nos actions individuelles. Cela n’est pas une solution, et l’idée que c’en serait une ne sert qu’à rejeter la faute sur les travailleurs qui sont trop pauvres pour se payer le dernier produit écologique.

Les politiciens bourgeois sont également coupables. Ils refusent de prendre la moindre mesure qui menace les profits des patrons, car leur raison d’être est de maintenir le statu quo capitaliste. C’est pourquoi le premier ministre Justin Trudeau a dépensé rien que l’année dernière la somme énorme de 18 milliards de dollars en subventions et autres formes de soutien financier à l’industrie des combustibles fossiles. 

Ce genre de décisions scandaleuses pousse la climatologue Sonia Seneviratne à déclarer : « Les responsables politiques sont amplement renseignés. On peut se demander à quoi servent les efforts des scientifiques si cela ne mène à aucune action. » Le problème est on ne peut plus clair. Les unes après les autres, les études ont montré les effets désastreux des changements climatiques. La réalité est que la réduction des émissions sous le capitalisme signifie une réduction des profits pour la classe capitaliste. C’est pourquoi rien n’est fait, et ce n’est pas dû à un manque d’information. Les politiciens ont déjà prouvé qu’ils sont prêts à laisser notre planète devenir invivable, juste pour sauver le système capitaliste.

Le socialisme est notre seul espoir

Il appartient à la classe ouvrière de sauver l’humanité d’une nouvelle crise. Les mesures qui sont nécessaires pour stopper le réchauffement climatique ne sont réalisables que dans le cadre d’une économie nationalisée et démocratiquement planifiée. Selon le rapport du GIEC, ces mesures comprennent « des transitions rapides et profondes dans les systèmes énergétiques, fonciers, urbains et d’infrastructure (y compris les transports et les bâtiments), et industriels ». Pour y parvenir, il faut en finir avec le chaos du marché et exproprier les industries clés des mains des patrons.

Nous devons passer immédiatement à des formes d’énergie plus vertes, ce qui signifie assurer la reconversion des travailleurs dans les secteurs des combustibles fossiles et créer un plein emploi pour réoutiller ces industries. Et nous devons réaliser tout cela dans le cadre d’un plan gouvernemental coordonné, fondé sur les besoins humains et non sur le profit. L’argent et les ressources nécessaires existent déjà, mais ils se trouvent dans les comptes bancaires de la classe dirigeante qui a conduit la société dans l’impasse actuelle. Entre leurs mains, ils ne seront jamais utilisés pour lutter contre le changement climatique. Pour sauver notre avenir, nous n’avons besoin de rien de moins qu’une révolution socialiste. C’est maintenant ou jamais!

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