L’inflation n’est plus sous contrôle. Comme un tourbillon, les prix de l'énergie rongent les revenus et les économies des ménages. La forte hausse des prix de l'énergie se répercute sur tous les biens et toutes les activités économiques. Il n'y a pas d'échappatoire. Il y a douze mois, les gouvernements tentent encore de nous apaiser : l'inflation sera de courte durée et limitée, affirmaient-ils. On s'attendait aussi à ce que la pandémie se transforme en un nouveau rebond économique durable. Au lieu de cela, nous avons une guerre en Ukraine, une perturbation continue des chaînes d'approvisionnement internationales et une tempête inflationniste. Aujourd'hui, l'inflation est le sujet de discussion numéro un de la population et elle est "là pour rester". Jusqu'à récemment, l'inflation était un concept abstrait dans un manuel d’économie. L'ampleur et la rapidité de la perte de pouvoir d'achat qu'elle entraîne ont rarement été observées. Ce que nous vivons actuellement est la plus grande contraction des revenus de l'après-guerre. En d'autres termes, la plus forte baisse du pouvoir d'achat en temps de paix. Les plus pauvres des pauvres ne sont pas les seuls à se retrouver sur le grill social. Les personnes à faibles et moyens revenus sont particulièrement touchées. Les médias l'appellent à tort la « classe moyenne inférieure ». En fait, il s'agit souvent de familles avec deux revenus qui font partie de la classe travailleuse.

Insécurité sociale

Le stress et l'incertitude qu'elle engendre imprègnent cependant l'ensemble du tissu social. La conclusion du baromètre du pouvoir d'achat du quotidien Le Soir est irrévocable. « La perte de revenus est généralisée malgré l'index et les politiciens ne parviennent pas à protéger la classe moyenne inférieure ». Une famille à deux revenus avec deux enfants perd plus de 8 % de son pouvoir d'achat. Dans la vie quotidienne, cela entraîne des changements profonds dans le comportement des gens. Une étude a récemment constaté un changement dans les habitudes alimentaires. Les ventes de porc et de poulet (moins chers) augmentent donc au détriment d'autres viandes plus coûteuses. La mutuelle de santé socialiste Solidaris tire également la sonnette d'alarme : le nombre de dépressions a augmenté de moitié et une personne sur trois en souffre. Les couples ressentent également la pression : les relations s'effondrent en raison de l'insécurité et du stress accrus, selon les thérapeutes. Les CPAS croulent sous les demandes d'aide. « Aujourd'hui, on voit arriver au CPAS des ménages où Monsieur et Madame travaillent», témoigne un travailleur social. Les fonds supplémentaires ne suivent pas et les assistants sociaux ont exprimé une opposition massive à cette situation pénible. Dans les 19 communes bruxelloises, ils sont en lutte depuis de nombreuses semaines en exigeant d’urgence des moyens financiers pour leurs institutions.

Des profits obscènes

Mais tout le monde ne ressent pas la tempête inflationniste de la même manière. De gros, très gros profits sont empochés par les capitalistes de l'énergie et les géants de l'alimentation. La multinationale alimentaire Cargil, par exemple, a enregistré son plus gros bénéfice en 157 ans. TotalEnergies, le géant français de l'énergie, a doublé ses bénéfices en six mois à peine. Avec 10 milliards d'euros, l'entreprise se dirige vers une année de tous les records. Entre le deuxième trimestre de l'année dernière et le deuxième trimestre de cette année, les dividendes versés en Belgique ont augmenté de 25 %. Jamais auparavant il n'y a eu autant de milliardaires. Cette contradiction entre le passage successif, rapide et brutal d'une crise à une autre, d'une part, et l'accumulation obscène de profits, d'autre part, ne passe pas inaperçue. Elle provoque l'indignation et la colère.

De la peur à la colère collective

En tant que matérialistes, nous pensons que la conscience, en dernière analyse, est déterminée par des conditions matérielles concrètes. Marx l'a formulé comme suit : « c’est la vie qui détermine la conscience ». Cela s'applique non seulement à la conscience individuelle mais aussi à la psychologie des masses. En général, la conscience est conservatrice, très conservatrice. Elle est en retard sur les événements objectifs. Ce conservatisme « naturel » n'aime pas le changement, et encore moins les révolutions. Elle y résiste jusqu'à ce que la réalité objective s'impose irrévocablement. L'inertie dans la conscience de masse est une grande force.

Ainsi, Frederick Engels s'est plaint un jour à Marx : « Les masses sont sacrément sans vie après une si longue période de prospérité. Une pression chronique est nécessaire pendant un certain temps pour réchauffer la population. Le prolétariat sera alors mieux à même de frapper, avec une meilleure conscience de sa cause et avec une plus grande unité... » (Correspondance, 15 novembre 1857).

De grands chocs sont nécessaires pour sortir la conscience d'un long sommeil. Aujourd'hui, la classe travailleuse subit un bouleversement. Sa vision du monde est en train de changer. Un sentiment général de malaise s'est emparé de la population. Ce sentiment commence à se transformer en colère. Le Premier ministre, Alexander De Croo, a prévenu : « Nous courons un risque sérieux d'agitation sociale fondamentale » (Bloomberg, 8 septembre 2022).

Le Financial Times, porte-parole du capital international, analyse la situation comme suit : « La pression économique entraîne l'instabilité politique - et aujourd'hui, la pression économique est omniprésente ».

Personne ne peut nier aujourd'hui qu’il y a de l’électricité dans l'air. Nous ne savons pas quand la foudre va frapper. Mais tôt ou tard, nous connaîtrons une lourde décharge sociale. Au loin, on peut déjà entendre le tonnerre qui approche. C'est une particularité de la situation actuelle. Nous le voyons sous nos yeux dans les pays voisins, la France et la Grande-Bretagne. La Belgique ne va pas y échapper. La grève générale qui a eu lieu le 9 novembre en est une étape importante. Dans une telle situation, la demande de changement de l'ensemble du système va inévitablement croître.

L’augmentation du prix de l’énergie et l’inflation généralisée poussent les loyers des kots étudiants à la hausse. Les premiers effets se font déjà sentir: plusieurs étudiants néo louvanistes dont les charges ne sont pas comprises dans leurs loyers ont fait part sur les réseaux sociaux d’une augmentation de leurs charges, La VUB (une université bruxelloise néerlandophone) a augmenté la grille des loyers des logements étudiants qu’elle loue1 d’au moins 50€ … Et ceci, alors que la VUB a fait des marges bénéficiaires de plus de 10 millions en 2021 et de plus de 40 millions en 20202.

Caché derrière grandes puissances de l'OTAN on retrouve l'impérialisme belge. La classe dirigeante belge s'est longtemps présentée comme le plus fidèle serviteur d'une Union européenne plus forte et économiquement agressive. Ainsi, elle pense pouvoir accéder à des marchés qui seraient autrement inaccessibles.

Cher Camarades,

Le prochain numéro de REVOLUTION est celui de mai. Comme chaque année nous faisons appel à votre soutien financier et politique à notre mouvement. Les manifestations du 1er mai pourront enfin se poursuivre normalement ! Nous pensons pouvoir atteindre notre objectif de €14.000 pour notre Fonds de lutte d’ici le 1er mai avec un coup de pousse de nos sympathisants

Les prix de l'énergie montent en flèche. Ce n'est plus une nouvelle. Mais c'est quand même spectaculaire. À leur apogée, les prix de gros du gaz et de l'électricité étaient plus de quatre fois supérieurs à ceux de l'année précédente. Les conséquences sur nos factures d'énergie sont bien connues. Le journaliste de la VRT Luc Pauwels a calculé qu'une famille moyenne paie désormais 1 500 euros de plus par an.

Ces derniers jours, l'escalade de tensions dans le conflit qui oppose l'Ukraine et la Russie s'est intensifiée, entraînant la mobilisation des troupes de l'OTAN dans les pays d'Europe de l'Est. Dans ce sens, et dans une démonstration de la plus fidèle servilité envers l'impérialisme américain de la part de notre gouvernement, la ministre de La Défense Ludivine Dedonder a assuré que la Belgique serait un « allié solidaire » au sein de l'Otan dans le conflit en Ukraine.

Ces deux dernières années, les élèves et les enseignants ont été les victimes de la gestion catastrophique de la crise sanitaire dans les écoles. Que ce soit lors des cours en ligne ou en présentiel avec des masques et des salles de classe froides, l’impossible a été demandé aux élèves et aux enseignants.

La hausse des prix de l'énergie devient un véritable gouffre financier pour de nombreuses familles. La CREG, l'organisme de surveillance de l'énergie, a calculé qu'une famille moyenne ayant un contrat variable doit s'attendre à une facture annuelle de 2 800 euros. C'est 1800 euros de plus que l'année dernière. Les prix des denrées alimentaires dans les supermarchés vont également augmenter de 5 à 6 % en moyenne au début de cette année).

Courir derrière les faits et pointer du doigt certaines parties de la population, pour ensuite replonger dans des mesures de panique. C'est le résumé de deux années de la gestion politique corona du gouvernement. Elle découle de la volonté de maintenir la production et les profits capitalistes.

Que ce soit le Forem pour la Wallonie, Actiris pour Bruxelles ou VDAB en Flandre, les doctrines d'activation des chômeurs sont les mêmes partout en Belgique. Il s'agit toujours de participer à l'utopie méritocratique consistant à opposer le bon chômeur actif au mauvais chômeur fainéant, en construisant un imaginaire carriériste et entrepreneurial parmi les prolétaires et en les persuadant d'embrasser inconsciemment, mais totalement, l'idéalisme bourgeois dont le mode de production capitaliste est la base matérielle.

Créé ce printemps, il n’était destiné que pour quelques grands événements à la fin de l’été et devait se terminer le 30 septembre. Aujourd’hui, le Covid Save Ticket (CST) ou pass sanitaire est obligatoire pour fréquenter les salles de fêtes, de spectacles, de fitness ainsi que les restaurants. Il est aussi exigé pour les visiteurs des hôpitaux et des maisons de repos. Déjà d’application à Bruxelles depuis le 15 octobre, son usage est désormais étendu à la Belgique entière depuis ce 1er novembre.

Les intempéries de cet été ont entraîné des inondations de grande ampleur, comme la Belgique n’en a jamais connu. C’est surtout le sud du pays, Liège et ses environs qui ont subi les ravages des eaux. Plus tard, c’était au tour de Namur et de Dinant d’être touchés. Certaines parties de la Flandre ont également été affectées.

 

La Bourse est à la fête. L’indice boursier belge, le Bel20, qui enregistre les cours des vingt actions les plus importantes, a augmenté de 20 % au cours des six premiers mois de l’année. Cette poussée s’est poursuivie pendant l’été. L’indice est désormais bien parti pour battre un record vieux de 14 ans, établi en 2007.

115.000. C’est le nombre de professionnels de la santé tués par le coronavirus dans le monde. Encore s’agit-il que d’une estimation de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), car les rapports précis sont rares. Le personnel de la santé de toutes les catégories professionnelles paye un lourd tribut à la lutte contre la pandémie. C’est inadmissible.

 
 
 
 

Raphaël Michiels, travailleur intérimaire du service clientèle de Bpost, a accepté de répondre à nos questions sur la situation de l’entreprise.

 
 
 
 
 
 

Le salaire direct et indirect est au cœur du conflit entre patrons et travailleurs. La théorie économique de Marx explique que le profit des patrons n’est autre que le travail impayé du salariat. C’est la partie des richesses créées par le travail du salarié, qui ne lui est pas restituée sous forme de salaire.

 
 
 

La santé mentale de la population se dégrade depuis des années. La raison généralement mise en avant pour expliquer cette évolution est la progression de la solitude : en Belgique, la moitié des gens en souffrirait. Des études montrent que la solitude est aussi mauvaise pour la santé que de fumer 15 cigarettes par jour : elle augmente le risque de maladie cardiaque de 30 % et de démence de 60 %. C'est donc tout sauf un problème mineur.

Il y a soixante ans, 35 jours de grève ont ébranlé la Belgique. La grève générale de l’hiver 1960-61, également connue comme « la grève du siècle », n'était pas simplement un conflit social interprofessionnel ou un arrêt de travail généralisé de cinq semaines. Cette grève était un « moment volcanique », une énorme épreuve de force politique – parfois insurrectionnelle - entre la classe ouvrière, d'une part, et toutes les institutions du statu quo capitaliste, d'autre part.

Il y a quelques jours, plusieurs articles de journaux sont sortis pour dénoncer le sexisme, le racisme et l’homophobie du groupe facebook privé « Louvain-le-mec », composé de 11 000 personnes, exclusivement des hommes (c’est le principe du groupe).

Rouge vif ! C’est d’un rouge vif qu’est marquée la Belgique - en particulier Bruxelles et la Wallonie - sur la carte européenne de la contamination au Covid-19 : le pays se trouve à la première place du nombre de contaminations en Europe.

La crise sanitaire que nous traversons a lourdement touché nos seniors. Plus de 51% des décès dus au COVID- 19 ont eu lieu dans nos maisons de repos (MR) et de soins (MRS). Depuis le début du confinement, ces institutions n’ont pas arrêté de tirer la sonnette d’alarme : pénurie de personnel (structurellement en nombre insuffisant ou malade pendant une partie de la crise), manque de matériel (masques, blouses, etc.), tests de dépistage en nombre insuffisant et disponibles trop tardivement. En vain…

Une vague de manifestations contre le racisme déferle sur les États-Unis depuis des semaines. Le meurtre de George Floyd par la police de Minneapolis attise l’indignation des jeunes noirs, rapidement rejoints par des jeunes d’autres couleurs. Black Lives Matter, mouvement né en 2013, rebondit suite à ce nouveau meurtre policier.

La crise économique liée au COVID19 a commencé. Les profits des capitalistes baissent mais des milliers de travailleurs perdent leur emploi. L’aéroport de Zaventem et ses opérations sont très fortement touchés : Swissport Belgique s’est déclaré en faillite hier et le futur de Brussels Airlines est en jeu. Il faut mobiliser contre les licenciements !

Peu avant le premier mai, Robert Verteneuil, le président de la FGTB, lançait un appel pour un nouveau pacte social « façon 1944 ». Le patronat, via son administrateur délégué de la FEB, Pieter Timmermans, a répondu qu’il était « preneur ». Cette ouverture patronale devrait déjà nous inquiéter…

L'unité nationale est le nouveau mantra du gouvernement et de la plupart des partis politiques. Il est répété indéfiniment dans chaque déclaration politique, dans chaque éditorial des médias grand public, dans chaque communiqué de presse du gouvernement. Dans les situations de crise, les gouvernements impopulaires font souvent appel à ce sentiment. Ils espèrent ainsi cacher leurs propres divisions, mais surtout, ils tentent de dissimuler les véritables antagonismes de classe.

Exploitées, sous-payées voire non payées, opprimées, violentées et humiliées, réduites à l’état d’objets sexuels et de simples marchandises, parfois même assassinées : voilà le sort de trop nombreuses femmes dans cette société. Mais les femmes ne sont pas seulement des victimes. Elles sont de plus en plus des combattantes conscientes de leurs droits. Dans le monde entier, les femmes se dressent contre leur situation actuelle.

La chute du gouvernement fédéral, en décembre 2018, ainsi que le résultat des élections du 26 mai ont produit une nouvelle crise politique d’envergure. La formation d’un nouveau gouvernement fédéral est dans une impasse totale. Marc Uytendaele, constitutionnaliste, et Vincent de Coorbyter, analyste politique, estiment que la Belgique traverse la « pire crise depuis des décennies » et ajoutent qu'il s'agit également d'une « crise existentielle ». Ils font ici référence à la menace qui pèse sur la pérennité de l'État fédéral belge sous sa forme actuelle, ou sous une autre forme.

Ce lundi 9 décembre, le CHR (l’hôpital régional de Verviers dans la Province de Liège) était en grève. Nous avons échangé avec une infirmière qui a participé au mouvement ; forte de plusieurs années d’expérience, elle nous explique sa situation en tant que travailleuse gréviste. Dans cette interview, nous l’appellerons Rosa.

Suite aux condamnations draconiennes par le Tribunal Suprême de l'Etat Espagnol contre les dirigeants nationalistes catalans, nous republions cet article de fond. Pour comprendre la crise en Espagne et en Catalogne, nous devons retirer nos lunettes Belges / Flamandes. Il est un peu trop facile de faire des comparaisons superficielles avec la Flandre de la N-VA pour donner au mouvement Catalan un aspect de droite et non démocratique.

La victoire du Vlaams Belang, en Flandre, le score du Rassemblement National en France et la victoire du parti de Salvini sont les plus récentes expressions d’un phénomène international : l’extrême droite progresse dans de nombreux pays.