Il y a 40 ans, le 10 mai 1981, François Mitterrand remportait l’élection présidentielle. Un mois plus tard, les partis de gauche gagnaient très largement les élections législatives. Pour la première fois de l’histoire de France, la gauche arrivait seule au pouvoir, sous la forme d’un gouvernement de coalition entre le Parti Socialiste et le Parti Communiste.

 
 
 
 

Après cinq jours de manifestations acharnées dans 23 villes de Colombie contre le projet de loi fiscale du président Ivan Duque (un programme d’austérité destiné à faire payer les travailleurs pour les résultats de la pandémie), le gouvernement a retiré le projet de loi. C’est une victoire écrasante pour la classe ouvrière.

Face à la pandémie mondiale, les différentes bourgeoisies des grandes puissances capitalistes se sont lancées dans une course aux vaccins chaotique, au détriment de la santé publique.

Le 1er avril 2021, le personnel des milieux d’accueil collectifs de la petite enfance, notamment les crèches, des administrations communales de la région Bruxelles-Capitale, était en grève en Front Commun Syndical CGSP et CSC SP. Cette grève s’inscrivait dans un large mouvement qui touchait l’ensemble des institutions wallonnes et bruxelloises du secteur privé.

 
 
 
 

Raphaël Michiels, travailleur intérimaire du service clientèle de Bpost, a accepté de répondre à nos questions sur la situation de l’entreprise.

L’été dernier, des dizaines de millions de personnes aux États-Unis ont participé au mouvement Black Lives Matter, déclenché par le meurtre de George Floyd par la police raciste. Près d’un an plus tard, le 20 avril 2021, son meurtrier Derek Chauvin a été reconnu coupable de trois chefs d’accusation : homicide involontaire au deuxième degré, meurtre au troisième degré avec « esprit dépravé » et homicide involontaire au deuxième degré.

Chaque grève est particulière, mais la grève de la FGTB et de la CSC contre la norme salariale de 0,4 pourcent est unique dans l'histoire sociale. L'arrêt de travail national du 29 mars s'est déroulé pendant une pandémie mondiale et après que plusieurs confinements ont fait entrer l'économie belge dans la pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale.

 

Au Paraguay, des manifestations de masse ont éclaté face à la gestion catastrophique de la pandémie par le gouvernement. Au début de la crise sanitaire, le régime parvenait à contrôler l’épidémie au moyen de mesures drastiques. Mais en juillet 2020, le président Mario Abdo a levé toutes les mesures de confinement, sous la pression des grandes entreprises. Depuis, le nombre de contaminations n’a cessé d’augmenter.

 
 

Au début du mois de mars, un épisode insurrectionnel a fait trembler le pouvoir au Sénégal. Des scènes de guerre civile se sont déroulées à Dakar. Un tribunal et un commissariat de police ont été incendiés avant que le gouvernement de Macky Sall ne déploie les chars d’assaut contre les manifestants. Les affrontements ont fait une dizaine de morts et plus de 500 blessés. Après le reflux du mouvement, l’armée montait toujours la garde, mais le calme n’est que de surface.

Hier, Buckingham Palace a annoncé le décès de son Altesse Royale le Prince Philip, le duc d’Édimbourg, à l’âge de 99 ans.

 

Fin février, l’Assemblée nationale a adopté la loi « séparatisme » dans un vaste concert de provocations racistes et islamophobes. C’est bien le premier objectif de cette loi : nourrir le soi-disant « débat sur l’islam », qui vire immanquablement à la stigmatisation des musulmans. La bourgeoisie française et ses politiciens franchissent sans cesse de nouveaux seuils dans cette opération de diversion et de division de notre classe.

 

Les 20 et 21 mars derniers, les sections francophones de la Tendance Marxiste Internationale (TMI) ont organisé une Ecole marxiste internationale. 219 personnes se sont inscrites. Elle a eu lieu en ligne, sur Zoom, et a rassemblé près de 140 participants venant de nombreux pays : Suisse, Belgique, France, Canada, Algérie, Haïti...

Deux syndicalistes nous parlent de la grève dans leurs entreprises. L'un Abdellah est permanent syndical dans le nettoyage; Stavros est ouvrier chez Audi-Forest.

Je viens de recevoir la triste nouvelle du décès de mon vieil ami et camarade, Hans-Gerd Öfinger. Ce fut un grand choc et la dernière chose à laquelle je m’attendais. Il y a seulement quelques semaines, je lui avais envoyé un courriel lorsque j’avais appris que lui et sa fille Rosa avaient contracté la COVID-19. Il m’a répondu qu’il s’en remettait et qu’il était impatient de reprendre son travail révolutionnaire.

Voici ce qu’il m’a écrit :

« Bonjour Alan,

Merci d’avoir pensé à nous et merci pour tes mots d’encouragements et de prompt rétablissement. En effet, le test positif à la COVID-19 il y a une semaine a été un choc pour nous tous à la fin d’un hiver difficile. [...]

Nous devons maintenant concentrer nos forces sur la lutte contre le virus. Après la guérison, nous reviendrons en force pour construire l’organisation.

Je vais lire attentivement le document de perspectives [mondiales] et j’attends avec impatience la prochaine réunion en ligne du CEI. Je pense que nous attendons tous avec impatience le jour où nous pourrons nous retrouver à Turin, à Bardonecchia ou ailleurs. »

Malheureusement, cette réunion en personne n’aura pas lieu. Le camarade Hans-Gerd n’est plus parmi nous, et il laisse derrière lui un vide qu’il sera difficile à combler.

D’après ce que j’ai appris d’un bref message de sa conjointe et camarade, Maria Clara, les circonstances de son décès ont été vraiment tragiques. Il semblait en voie de se rétablir (comme il me le disait dans sa lettre) et le dernier test s’est même révélé négatif. Mais c’était une fausse bonne nouvelle.

Il a ensuite eu de la fièvre et des difficultés respiratoires, et il est décédé ce vendredi matin. Sa mort est d’autant plus choquante qu’elle était totalement inattendue. C’est un coup dur pour Maria Clara et Rosa, mais aussi pour tous les membres de l’Internationale.

J’ai rencontré Hans-Gerd pour la première fois dans les années 1970, en pleine période orageuse de la lutte des classes à l’internationale, lorsqu’il a rejoint ce qui était alors le Comité pour une Internationale ouvrière – l’ancienne Internationale fondée et inspirée par Ted Grant, cet exceptionnel théoricien et leader révolutionnaire.

C’est en 1974 que Hans-Gerd, qui n’était encore qu’un adolescent, a commencé le travail de construction de la section allemande de l’Internationale.

Je sais que Ted Grant a eu une influence puissante et durable sur le jeune Hans-Gerd – et cela l’a guidé tout au long de sa vie. Comme Ted Grant, Hans-Gerd s’est toujours consacré à la théorie. Il avait un esprit très vif et une connaissance profonde de la théorie marxiste. C’est, j’en suis sûr, ce qui l’a soutenu et porté dans les moments les plus difficiles.

J’ai toujours trouvé qu’il était un individu très humain, accessible et affable. Il était toujours prêt à faire une blague. L’une de ses blagues favorites était de nous tourmenter lors des réunions internationales avec son interprétation particulière de la vieille chanson allemande « Oh Du Lieber Augustin », dans laquelle il compensait avec entrain son manque de formation musicale.

Lorsque la scission du Militant a eu lieu en 1992, Hans-Gerd n’a pas faibli un seul instant. Il a immédiatement pris le parti de Ted Grant, même si cela signifiait être en minorité. Seuls les lâches et les misérables opportunistes se cachent derrière la majorité.

Le vieil Engels a écrit : « Marx et moi avons été en minorité toute notre vie, et nous étions fiers d’être en minorité. » Comme eux, Hans n’a jamais eu peur d’être dans une minorité et de se battre pour les idées auxquelles il croyait.

Par la suite, il a joué un rôle très important dans la construction de la Tendance marxiste internationale. Ce fut un travail difficile dans des circonstances très défavorables. La plupart des anciens cadres de la section allemande avaient été démoralisés par les intrigues du régime bureaucratique de Taaffe. Ils ont abandonné avant même la scission.

Mais Hans-Gerd, avec sa camarade et partenaire de toujours Maria Clara, le camarade Christoph et quelques autres, ont continué avec une détermination de fer.

Cette détermination de fer était l’une des caractéristiques les plus remarquables de ce camarade. Parfois, cela pouvait apparaître comme de l’entêtement pur et simple. Mais cette même obstination est une caractéristique nécessaire de tout véritable révolutionnaire. C’est ce qui nous permet de continuer, quels que soient les difficultés et les obstacles.

Et c’est ce qu’a fait Hans-Gerd. Il a tenu bon et porté le flambeau contre vents et marées. Je me souviens que Ted avait l’habitude de dire ceci lorsqu’il faisait ses adieux à un camarade : « Maintenez le drapeau rouge bien haut. »

Et le camarade Hans-Gerd l’a fait jusqu’à la fin.

C’est grâce à lui que la TMI a aujourd’hui une section allemande florissante, composée d’une nouvelle génération de jeunes combattants révolutionnaires de la classe ouvrière. Nous croyons fermement qu’ils poursuivront le combat que Hans-Gerd a commencé il y a tant d’années, et que l’inspiration qu’il a fourni leur permettra de le mener jusqu’au bout.

Il y a beaucoup d’autres choses que j’aimerais dire sur cet homme remarquable. Mais je laisserai le dernier mot à un poème dont la fin est des plus puissantes et est restée gravée dans ma mémoire depuis mes années d’école. Je n’ai jamais pu le retrouver ni me souvenir de son auteur jusqu’à ce qu’un jour, Hans-Gerd me dise qu’il l’avait enfin retrouvé. J’ai toujours cru qu’il s’appelait « Die Fechter » (« Les escrimeurs »), mais je me trompais. Il s’agit d’un poème du grand poète allemand Joseph F. von Eichendorff, intitulé « Trost », ce qui signifie « consolation ». Il se termine par ces mots :

Im Walde da liegt verfallen

Der alten Helden Haus,

Doch aus den Thoren und Hallen

Bricht jährlich der Frühling aus.

 

Und wo immer müde Fechter

Sinken im muthigen Strauß,

Es kommen frische Geschlechter

Und fechten es ehrlich aus.

 

Dans la forêt, il y a une chute

La maison des héros d’autrefois,

Mais de ses vieilles portes et salles

Chaque année, le printemps arrive comme prévu.

 

Et lorsque deux escrimeurs tombent

Au bout de leur force et de leur puissance,

Il y aura toujours de nouvelles générations

Qui mèneront jusqu’au bout le bon combat.

Nos vœux les plus chaleureux, notre amour et notre solidarité vont à Maria Clara et Rosa. Sachez que tous les membres de l’Internationale sont à vos côtés dans ces moments tragiques.

 
 
 

Ce texte est composé d’extraits de La Révolution trahie (1936), un livre de Léon Trotsky sur la dégénérescence stalinienne de la Révolution russe. Ci-dessous, Trotsky analyse les causes et conséquences de la contre-révolution stalinienne dans le domaine des droits des femmes.

 

Depuis la semaine dernière, l’Angleterre connaît un déversement de colère et d’indignation après que le corps de Sarah Everard, 33 ans, ait été découvert dans le Kent. Celle-ci a été enlevée puis assassinée alors qu’elle rentrait chez elle après avoir rendu visite à une amie, dans le sud de Londres. Un policier en congé a été arrêté et inculpé pour ce crime. Durant la fin de semaine, un rassemblement en son honneur à Clapham a été brutalement dispersé par les forces de police, prétextant un non-respect des restrictions anti-coronavirus.

La Commune de 1871 fut l’un des plus grands épisodes de l’histoire de la classe ouvrière française. Au cours d’un mouvement révolutionnaire d’une portée jusqu’alors inconnue, l’Etat capitaliste a été remplacé par les organes de gouvernement des travailleurs.

Les travailleurs parisiens ont tenu le pouvoir pendant dix semaines, entre le soulèvement du 18 mars et la défaite sanglante de la dernière semaine de mai. Dans des circonstances extrêmement difficiles, ils se sont efforcés de mettre un terme à l’exploitation, à l’oppression, et de réorganiser la société sur des bases entièrement nouvelles. Les leçons de ces événements sont d’une importance fondamentale pour le mouvement ouvrier contemporain et pour tous ceux qui, en France ou ailleurs, aspirent à changer la société.

 
 
 

Le 17 janvier, on commémorait le soixantième anniversaire de l'assassinat de Patrice Lumumba. Bien que Lumumba soit considéré comme le héros national du Congo, l'élite belge continue de vouloir l’effacer de l’Histoire. Les manifestations de Black Lives Matter ont mis à nouveau en évidence le rôle de la Belgique et du roi dans l’assassinat de Lumumba qui a payé de sa vie d’avoir osé défier les « maîtres coloniaux ».

Il y a quelques mois, Thierry Bodson devenait par congrès extraordinaire le nouveau président de la FGTB fédérale. Au même moment, Jean-François Tamelini devenait secrétaire général de la FGTB Wallonne. L’occasion de se pencher sur les processus démocratiques (ou non !) d’une des grandes organisations de masse des travailleurs en Belgique.

Marie Frederiksen est une dirigeante de ‘Revolution’, l'organisation sœur danoise de Vonk/Révolution. Elle a publié un livre sur la vie et les idées de Rosa Luxemburg et a préfacé un autre ouvrage sur le ‘Marxisme et le féminisme’. Nous lui avons demandé son avis sur certaines des questions importantes, soulevée par la lutte contre l'oppression des femmes.